La plupart des entreprises rédigent leur site en devinant. On imagine ce que le client veut savoir, on écrit une page « Nos services » qui répond à ces suppositions, et on espère que ça colle. Parfois oui, souvent à côté. Parce qu’entre les mots que vous employez dans votre métier et ceux que tape un prospect à minuit sur son téléphone, il y a un fossé.

Answer The Public sert exactement à combler ce fossé. C’est un outil gratuit qui vous montre les questions réelles que les gens posent aux moteurs de recherche autour d’un sujet. Pas ce que vous croyez qu’ils demandent : ce qu’ils demandent pour de vrai. En dix minutes, vous en sortez avec une liste de sujets que vous n’auriez jamais imaginés, et le vocabulaire exact de vos clients.

Ce que fait l’outil, concrètement

Vous entrez un mot ou une expression, par exemple « plombier » ou « site internet ». L’outil interroge les suggestions automatiques des moteurs de recherche, celles qui s’affichent quand vous commencez à taper dans la barre. Ces suggestions ne sortent pas de nulle part : elles reflètent ce que des milliers d’internautes ont réellement cherché avant vous.

Il vous rend le tout organisé en familles :

  • les questions : tout ce qui commence par comment, pourquoi, où, quand, combien, est-ce que ;
  • les prépositions : votre mot suivi de pour, avec, sans, près de ;
  • les comparaisons : votre mot suivi de ou, versus, comme, contre ;
  • une liste alphabétique : votre mot associé à d’autres termes, classés de A à Z.

Le résultat s’affiche sous forme de roue, avec votre mot au centre et les questions qui rayonnent autour. C’est joli, mais l’affichage en liste simple est souvent plus pratique pour travailler. Les deux disent la même chose.

Pourquoi ces questions valent de l’or

Une question tapée dans un moteur de recherche, c’est un client qui pense tout haut. Il ne remplit pas un questionnaire pour vous faire plaisir : il cherche une réponse, maintenant, avec ses propres mots. Chacune de ces formulations vous apprend trois choses.

D’abord, le vocabulaire réel. Vous parlez de « refonte », votre client tape « refaire mon site ». Vous dites « référencement local », il écrit « apparaître sur Google Maps ». Reprendre ses mots à lui, c’est se rendre trouvable et se faire comprendre du premier coup.

Ensuite, les objections. Quand une question revient sous la forme « est-ce que ça vaut le coup », « combien de temps ça prend » ou « est-ce que je peux le faire moi-même », vous tenez un frein à l’achat. Une page qui répond honnêtement à cette question fait plus pour votre crédibilité qu’un argumentaire de vente.

Enfin, des sujets d’articles et de pages que vous n’auriez pas trouvés seul. Chaque question sans bonne réponse sur le web est une place à prendre. C’est la matière première d’un contenu qui attire les bons visiteurs plutôt que de meubler.

Prendre la main en dix minutes

Rendez-vous sur answerthepublic.com. Avant même de chercher, réglez deux paramètres, sinon tout le reste est faussé : la langue sur français et le pays sur France. L’outil propose par défaut l’anglais et les États-Unis, et les questions d’un internaute américain n’ont rien à voir avec celles de votre marché.

Tapez ensuite un premier mot large, celui de votre activité. Regardez ce qui remonte, puis affinez : reprenez une question intéressante et relancez une recherche dessus. On part du général, on resserre vers le précis. En trois ou quatre recherches enchaînées, vous couvrez la plupart des angles d’un sujet.

Bien choisir son mot de départ

C’est l’étape qui fait toute la différence, et celle qu’on bâcle le plus. Trois règles simples.

Ne partez pas de votre marque. Personne ne tape le nom de votre entreprise sans vous connaître déjà. Partez du problème ou du service, pas de votre nom.

Restez sur un terme que le client emploierait. Le jargon de votre métier ne remonte presque rien, parce que personne ne le tape. Mettez-vous à la place de quelqu’un qui ne connaît pas votre secteur.

Testez le problème, pas seulement la solution. « Créer un site » vous donne les questions de gens déjà décidés. « Trouver des clients » ou « pas assez de devis » vous ouvre à ceux qui ne savent pas encore qu’un site est la réponse. Ce sont souvent les plus intéressants, parce que personne ne leur parle.

Lire les résultats sans se noyer

Première fois, le mur de questions impressionne. La vérité, c’est que la moitié ne vous concerne pas. Une partie vise un autre pays, un autre métier, ou n’a aucun sens commercial. Le travail n’est pas de tout traiter, c’est de trier.

Passez la liste en gardant trois piles en tête :

  1. Les questions auxquelles une page peut répondre. Sujet assez large pour mériter son propre contenu. Elles nourrissent votre plan éditorial.
  2. Les questions courtes et récurrentes. Elles ont leur place dans une FAQ, sur une fiche produit, ou dans la section questions de votre fiche Google.
  3. Les questions qui trahissent une objection. À garder précieusement : elles vous disent ce qui bloque vos prospects avant qu’ils n’osent le demander.

Le reste, vous le laissez. Un bon tri vaut mieux qu’une longue liste qu’on n’ouvrira plus jamais.

Les limites à connaître

L’outil est précieux, à condition de savoir ce qu’il n’est pas.

Il est gratuit avec un nombre de recherches limité par jour, et propose des formules payantes au-delà. Pour un artisan ou une TPE, la version gratuite suffit largement : quelques recherches bien ciblées par mois couvrent le besoin.

Il vous montre ce qui est cherché, pas à quel point ça l’est. Une question peut apparaître sans que grand monde ne la tape réellement. Answer The Public vous donne des pistes, pas des volumes. Pour savoir si un sujet pèse vraiment, il faut croiser avec un outil de volume de recherche, ce qui est un autre métier.

Il ne dit rien de la concurrence. Une question peut être en or et déjà traitée par cinquante sites mieux installés que le vôtre. L’outil ouvre des portes, il ne vous dit pas lesquelles sont déjà bondées.

Enfin, il ne remplace pas le fait de parler à vos vrais clients. Les suggestions des moteurs sont un excellent point de départ, mais rien ne vaut les questions qu’on vous pose au téléphone ou en rendez-vous. Notez-les, elles complètent l’outil par ce qu’il ne verra jamais : les mots de vos clients à vous.

Ce qu’on en fait après

Une liste de questions ne sert à rien si elle dort dans un fichier. Voici comment la transformer en présence utile.

Regroupez les questions par thème, puis décidez pour chaque groupe : une page de service à enrichir, un article à écrire, une entrée de FAQ, ou une réponse à préparer pour vos appels. Reprenez la formulation exacte du prospect dans vos titres, c’est ce qui vous rend trouvable. Reliez ensuite ces contenus entre eux, pour que Google et vos visiteurs circulent d’une question à sa réponse voisine.

Cet exercice, mené sérieusement, remplace bien des séances de brainstorming à deviner ce que veut le marché. Il vous ancre dans le réel. C’est d’ailleurs par là qu’on démarre chaque stratégie de contenu chez WeBoost : partir des questions que vos clients se posent déjà, plutôt que de celles qu’on aimerait qu’ils se posent. Le reste, position dans Google et confiance gagnée, en découle tout seul.